Faut-il donner un titre à ses photos ?

 Je n'aime pas les titres  C'est un avis personnel. Quant je lis un titre "qui raconte une histoire" je suis méfiant. Souvent je trouve qu'il en raconte plus que ce que montre la photo. Cela oriente la lecture. En soit cela peut être bien. Cela évite les erreurs d'interprétation. C'est la légende, factuelle. Mais souvent c'est trop. Cela contraint ma liberté de regard, et donc mon plaisir de spectateur.

 J'aime chercher un peu et trouver ma propre interprétation. Mais cela prend souvent un peu de temps.

 

 Les gens aiment bien donner un titre à leur photos. On voit cela sur les forums, dans les clubs photos, les expositions. À l’origine c’est pratique pour désigner une photos. On sait de quoi on parle.

Le titre évoque généralement une histoire, sensée être raconter par l’image. Et souvent ce titre en raconte plus que ce que la photo ne montre. Il me semble que c’est le photographe qui se raconte ce qu’il a voulu, cru voir dans sa photo, que se soit au moment du déclenchement ou après. C’est comme s’il fallait trouver absolument un sens à la photo. Je comprend qu’il faille qu’un titre soit accrocheur. Mais il prend le rôle de la photo. Bien souvent on tombe dans l’anecdote. Il faut trouver un sujet à la photo, quitte à l’y projeter arbitrairement. Le titre vient palier à un manque d’intention. On a pris la photo. Il faut bien trouver pourquoi ensuite. Et alors on en fait trop.

 Cela ne laisse aucune place au regard du spectateur. L’histoire proposée peut ne pas être perçu, voire être en contradiction avec ce qu’il ressent. On est alors loin de la photographie.

 

D’autres disent que la photo doit « parler «  d’elle même ». La photo doit se débrouiller toute seule. Cela me semble plus raisonnable. L’important c’est l’image, pas le titre bien évidemment. Cependant la légende, - factuelle (les cinq W) - est absolument nécessaire . Sinon c’est le jeu de la photo mystère, que l’on peut chercher parfois. Mais on risque l’erreur d’interprétation par le spectateur, l’erreur d’aiguillage. En particulier avec les photos traitée dans le registre de l’évocation, il est souvent utile que le spectateur soit un peu guidé. Pour moi une légende suffit.