L'importance du "cadre"

 Petite expérience personnelle. J’avais une photo de nature-morte que je trouvais presque réussie. Mais à laquelle il manquait quelque chose pour être vraiment bien. J’essayais différents post-traitements, léger recadrage… sans résultat. Pour m’amuser, je décidais de faire un photomontage avec une photo de "cadre" de toile de peintre. Le résultat m’a surpris. Au delà du côté kitch du montage, le cadre apportait la touche finale à la photo. Comme une stabilisation qui manquait à la composition.

 

J’utilise parfois les effets de bordure proposés par le logiciel Silver Efex. Je trouve que cela met souvent en valeur la photo. Cela est souvent considéré comme un procédé artificiel, pas toujours de bon goût. Pour moi le résultat est cependant bien visible.

 

 Rappelons Henri Cartier-Bresson qui gardait une bordure noire autour de ses tirages. C’était pour une autre raison, de fond – montrer le respect de l’intégrité de la prise de vue, sans recadrage. Mais sur le plan de la forme, ce cadre discret ne le gênait apparemment pas.

 

C’est très banal de parler de l’importance de la forme. Il y a également le choix du fond sur lequel on regarde la photo. Un fond noir est souvent très valorisant. C’est un fait objectif. L’œil se cale sur ce noir. Le contraste est mieux perçu. Mais ça ne correspond pas à la présentation habituelle des galeries.

  La question du cadre n’est pas nouvelle. Les peintres impressionnistes ont renouvelé les pratiques traditionnelles, souvent de manière très créative.

 

 D’où vient cette importance, au-delà de la mode ou de l’habitude de présentation ?

 L’image à une étendue propre, une forme, très généralement rectangulaire. Il y a une limite, un bord. Cela défini le champs et le hors champs. Je pense que c’est la résonance entre les deux espace qui intervient ici. Il faut traiter cette limite. (C’est un peu différent du problème du cadrage, qui concerne l’intérieur de l’image, plus que l’extérieur.)

 Il n’y pas de recette bien sûr. Mais il faut soigner "le cadre".