Toute photo raconte-t-elle une histoire ?

 C ‘est une question récurrente. Beaucoup y répondent par l’affirmative. Cela prête à la photo une fonction narrative, prenant le pas sur sa fonction descriptive immédiate.

 

La photo est le résultat d’un arrêt image à un instant t. Cela implique l’existence d’un avant et d’un après la photo. Une narration, la possibilité du récit devient ainsi possible. D’aucun d’en faire le but de la photographie, une bonne photo se devant de raconter une histoire.

 

Le spectateur a un rôle actif dans ce processus. Avec sa mémoire et sa culture il va élaborer sa propre narration. Elle pourra être différente de l’intention du photographe.

 

Autre façon de créer de la narration, une photo peut porter une métaphore ou un symbole. Là encore le spectateur, avec sa mémoire et sa culture personnelle, aura une lecture particulière de l’image.

 

L’intention narrative est bien sûr explicite dans le photojournalisme, les photos pour l’information, la communication.

 

Il y a comme un besoin de narration pour le spectateur. Cela se traduit par l’exigence de texte de présentation dans les expositions, dans les livres. Il faut avoir ces clés narratives avant même de voir les photos bien souvent. Il n’y a qu’a constater le désarroi que l’on ressent rapidement devant une photo sans légende.

 

L’expression artistique serait-elle forcément narrative. Tout devient-il texte, récit, parole, langage in fine ? La question dépasse notre propos. Mais, personnellement, j’ai un intérêt particulier pour le caractère descriptif, documentaire de la photographie. Cela me semble faire partie de son essence.

 

En littérature, je prendrai l’exemple des tentatives de descriptions absolues, compulsives proposées par Francis Ponge (Le carnets du bois de pin, Le parti pris des choses). Même s’il utilise parfois quelques éléments narratifs, c’est pour chercher une description la plus exhaustive possible. Je trouve cela assez fascinant.