Un vieux poncif

 

 

Une phrase revient toujours quand on parle composition : « les règles de compositions : il faut les connaître pour mieux les transgresser ensuite. »

 

C’est un vieux poncif . Cela donne le frisson aux débutants qui envisagent la transgression à venir, libertaire et romantique. En plus, pourquoi étudier ce que l’on va transgresser par la suite ? Il y a là une sorte d’injonction contradictoire. Cela n’a pas vraiment de sens.

 

De fait il n’y a pas de règles qui seraient imposées par on ne sait qui, sauf la mode ou un conformisme social. Il n’y a que des moyens de composition. (L’erreur vient peut-être de l’emploi du mot « règle », comme on parle des règles de la perspective. La perspective conique a bien ses règles, lois de l’optique sur lesquelles est construit notre appareil photo. Cela fait de la perspective un des moyens, incontournable par construction, de la composition de l’’image photographique. Mais il peut être réduit au minimum pour passer inaperçu si besoin.)

 

Les moyens de composition, qu’il faut connaître et étudier en effet, sont comme des outils disponibles pour le photographe. Rien n’oblige à en utiliser un plus qu’un autre. Il n’y a pas de mystérieuse transgression à leur encontre. Ils ont pour base très souvent des lois de perception, de neuro-physiologie et de psychologie de la vision. Il n’y a pas de connotation particulière à leur emploi.

 

Je pense personnellement qu’il est difficile de s’en détourner complètement pour des raison de communication avec le public qui va regarder les photos. Quand à la transgression, c’est plus compliqué et dans d’autres domaines qu’il faut la rechercher.